S’obstiner dans l’absurde

14 000 nouvelles suppressions de postes prévues dans l’Éducation nationale pour la rentrée scolaire de 2012 !

Le SNALC (CSEN-FGAF) dénonce avec la plus grande fermeté l’obstination du ministère à poursuivre la politique absurde de suppressions d’effectifs, qu’il mène maintenant depuis 5 ans, qui a déjà coûté à l’Éducation nationale près de 66 000 postes. Pas de surprise malheureusement pour l’année 2012 : ce seront 14 000 suppressions de postes supplémentaires qui vont s’ajouter à ce bilan catastrophique, si l’on en croit un document du ministère dont l’AFP a eu connaissance le samedi 17 décembre 2011. Ce seraient, notamment, 6 550 postes supprimés dans les collèges et lycées qui toucheront d’abord, en valeur absolue, les académies de LILLE (589 postes en moins), VERSAILLES (495), NANCY-METZ (425), CRÉTEIL (362), AIX-MARSEILLE (285), LYON (263), GRENOBLE (260), AMIENS (242), ORLÉANS-TOURS (241), BORDEAUX (230), CAEN (221), etc.

Pour le SNALC (CSEN-FGAF), ces choix du gouvernement en matière éducative demeurent totalement injustifiés, même d’un point de vue strictement gestionnaire, et ils risquent de contredire les objectifs qui sont escomptés. Car, dans les faits, d’une part le budget de l’Éducation nationale demeure chaque année sensiblement identique, d’autre part l’État va contraindre les rectorats d’académie et les établissements scolaires à trouver d’autres « moyens » pour faire face à des besoins structurellement invariables, avec toutes les conséquences absurdes qu’engendre cette situation pour nos collègues au quotidien. Pourtant, le SNALC se refuse, et c’est ce qui le distingue de tous les autres syndicats enseignants, à réduire le sens de la politique éducative à la seule question des « moyens », et le problème de l’École à la question de son budget. Pour le SNALC, le ministère ne fait d’ailleurs que poursuivre les mêmes réformes, menées maintenant depuis plus de 30 ans quels que soient les gouvernements, en vue de réaliser des économies budgétaires et, corrélativement, de gérer l’échec de ce qu’on a osé appeler la « massification » du système scolaire.

Pour le SNALC, ce sont d’autres choix, et non de nouvelles réformes, qui auraient été possibles, pour les différents gouvernements successifs, en matière de politique éducative, notamment le choix essentiel de recentrer enfin l’École sur ses ambitions culturelles, avec toutes les conséquences que cela imposerait certes en termes de création de postes, mais aussi d’exigences intellectuelles sur le plan des horaires disciplinaires, de la qualité des programmes d’enseignement, de la diversification des filières, de la cohérence des cycles d’études, de la valeur des examens et des concours, de la discipline et de la culture du respect à l’École, etc.

Pour le SNALC, une autre politique scolaire est possible, si l’on tient vraiment à sortir du fatalisme de l’échec.

Paris, le 2 janvier 2012

Contact : Albert-Jean Mougin, vice-président du SNALC