PROJET DE LOI SUR L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR : NON AU PARTAGE DES ENSEIGNEMENTS

Le SNALC-FGAF est préoccupé par le paragraphe concernant les classes préparatoires dans le projet de loi sur la recherche et l’enseignement supérieur, selon lequel « Chaque lycée ayant une classe préparatoire aux grandes écoles conclut une convention avec un ou plusieurs établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel. Cette convention prévoit les conditions dans lesquelles les enseignements sont dispensés aux élèves par chacun des deux établissements et les évaluations sont effectuées ». Le SNALC-FGAF craint que cette rédaction ne soit la porte ouverte à la désorganisation des enseignements en classes préparatoires, via le partage des enseignements qui y sont dispensés avec des universitaires.Elle conduirait selon lui à la rupture de l’égalité républicaine devant les concours et à l’illisibilité de l’offre de formation en CPGE.

Le SNALC-FGAF ne remet pas en cause la compétence pédagogique des personnels de l’université, mais il rappelle que l’objectif de l’enseignement en classes préparatoires est de
préparer des concours, et que la réalisation de cet objectif permet d’y donner aux étudiants les connaissances de base solides qui constituent la première formation à la recherche. Il réfute toutefois l’argumentation récurrente selon laquelle il n’y a pas de recherche dans ces classes pour justifier qu’on y introduise des cours assurés par des enseignants-chercheurs. En effet, les professeurs recrutés en CPGE sont majoritairement docteurs et poursuivent souvent leur activité de recherche, et outre les TIPE (travaux d’initiative personnelle encadrés) effectués dans les classes scientifiques, les enseignements dispensés dans les classes littéraires prennentsouvent en compte les travaux récents des chercheurs.

Le SNALC-FGAF estime que c’est avant tout dans les grandes écoles que doit se faire l’initiation à la recherche. Il considère que le rapprochement des classes préparatoires et des universités passe d’abord par une meilleure articulation des formations visant à faciliter les passerelles entre les deux systèmes, et non par la combinaison hasardeuse de deux types d’enseignement complètement différents dans leur esprit et leurs objectifs.

En conséquence, le SNALC-FGAF demande le retrait de ces deux phrases du projet de loi sur l’enseignement supérieur et la recherche. Il demande également que le comité de concertation et de suivi des classes préparatoires aux grandes écoles soit réuni rapidement pour débattre des propositions de coopération pédagogique entre universités et CPGE pouvant être réalisées dans le respect des spécificités de chaque filière.


Paris, le 28 janvier 2013
Contact : Dominique Schiltz, responsable national SNALC-FGAF pour les CPGE