Notre histoire

Lors de sa fondation le 21 avril 1905 dans la salle des fêtes du lycée Louis-le-Grand, le SNALC porte le nom de Fédération nationale des professeurs des lycées de garçons et de l’enseignement secondaire féminin. Au nom de la « valeur de l’enseignement secondaire », il s’oppose d’abord à la transformation des « professeurs adjoints » (simples bacheliers) en professeurs à part entière, ensuite à la surveillance par les professeurs des « récréations d’inter-classe », tâche jusqu’alors dévolue aux répétiteurs. Ce n’est alors qu’une association professionnelle, déclarée le 23 mai 1910 avec pour but « études relatives à l’enseignement secondaire, défense de ses membres » (voir Journal officiel du 10 juin 1910). Craignant pour son indépendance, elle refuse en 1911 d’adhérer à la Fédération générale des fonctionnaires.

En 1925, le syndicalisme étant autorisé aux agents de l’État, la fédération se transforme en Syndicat national des professeurs des lycées de garçons et du personnel de l’enseignement secondaire féminin. En juin 1927, pour protester contre la situation financière des professeurs, il organise une grève du baccalauréat qui lui vaut des critiques d’une partie de la presse.

Certains voudraient aller plus loin et souhaitent que le syndicat adhère à la CGT réformiste. Des consultations sont organisées en avril 1920, en avril 1933 et en mars 1934. À chaque fois, la majorité requise des deux tiers n’est pas atteinte. Ces refus provoquent une crise au sein du syndicat. Une nouvelle direction favorable à l’indépendance est mise en place. Cependant, un certain nombre d’adhérents font le choix de la double appartenance en étant à la fois membre du syndicat de la CGT voire de la CGTU.

En mars 1936, la réunification de la CGT modifie la situation. Le congrès de 1937 refuse une nouvelle fois l’adhésion à la CGT. Les minoritaires, favorables à l’affiliation confédérale quittent le syndicat et participent à la création du SPES (Syndicat du Personnel de l’Enseignement Secondaire, ancêtre du SNES), au sein de la confédération. Le syndicat se transforme alors en Syndicat national des lycées, collèges et cours secondaires et interdit l’appartenance individuelle à une confédération. Avec plus de 5 000 adhérents, il est alors très majoritaire : aux élections du Conseil supérieur de l’instruction publique de 1938, il obtient 51 % des suffrages, plus de 60 % chez les professeurs agrégés. En 1938, avec l’Amicale de la magistrature et la Société des agrégés de l’Université, il participe à la constitution de la Fédération nationale des corps de l’État et des cadres des administrations publiques (FNCA) qui compte, en 1938, 16 440 adhérents.

Le 15 octobre 1940, le syndicat est interdit par le régime de Vichy. Beaucoup de ses adhérents et de ses dirigeants sont prisonniers en Allemagne. A la Libération, une nouvelle tentative de rapprochement entre syndicats du second degré au sein de la CGT aboutit à la création du SNES. Le futur SNALC refuse de participer à ce processus. Il est alors devenu minoritaire (en 1956, il compte environ 2 500 adhérents).

En 1949, il adopte son sigle actuel de SNALC pour Syndicat national des lycées et collèges. En 1954, le syndicat adhère à la Confédération générale des cadres, qu’il quitte en 1978 en raison de divergences sur la loi Haby, le SNALC s’étant opposé dès 1975 à la réforme du « collège unique ».

En 1982, une partie des responsables du SNALC décide de rejoindre les syndicats Force ouvrière qui viennent de se créer dans l’éducation nationale à partir d’une scission de la FEN. En janvier 1984, le SNALC est à l’origine de la création de la CSEN. Le SNALC soutient le transfert de l’EPS du ministère de la Jeunesse et des Sports vers l’Éducation nationale en 1981 et la loi Carraz du 23 décembre 1985 instituant les baccalauréats professionnels. Il combat la loi dite d’orientation du 10 juillet 1989. Le 23 janvier 1992, il occupe la salle du Conseil national des programmes pour protester contre les projets qui menacent l’enseignement des langues vivantes.

Il participe aux actions menées contre les décrets de Robien du 12 février 2007 qui alourdissaient le temps de travail des personnels et encourageaient la bivalence des professeurs de l’enseignement général. Grâce à cette mobilisation, ces textes ont été abrogés (décret n° 2007-1295 du 31 août 2007).

Le SNALC-CSEN est affilié à la Fédération générale autonome des fonctionnaires depuis que le Conseil national de la FGAF a approuvé à l’unanimité l’entrée de la CSEN en son sein, le 4 juin 2008.

Le 5 janvier 2011, François Portzer est élu président du SNALC, fonction à laquelle il succède à Bernard Kuntz qui quitte le SNALC le 16 mai 2011 pour rejoindre Force ouvrière.

Le 3 avril 2012, François Portzer, candidat unique, est réélu à la tête du SNALC avec 80 % des voix. Accroître la représentativité du SNALC dans le second degré et élargir son champ de syndicalisation aux professeurs des écoles, aux corps d’inspection et aux personnels de direction sont les objectifs qu’il se fixe pour les prochaines élections professionnelles.

Le 15 mai 2012, le SNALC considère que le nouveau président de la république, François Hollande, est « au diapason des valeurs républicaines du Snalc » ; en effet, le président fraîchement élu avait affirmé, lors de sa journée d’investiture, que la transmission des connaissances à l’école, le travail et le mérite permettaient de palier les inégalités sociales, ce qui justifiait le projet de créer 60 000 postes d’enseignants.

Il approuve les premières mesures d’urgence présentées au conseil des ministres par Vincent Peillon. Le 14 décembre 2012, au CSE, le SNALC vote la loi Peillon de refondation de l’école aux côtés de la CFDT, de l’UNSA et de la FCPE en raison « des nombreuses avancées positives contenues dans » ce texte mais se prononce contre la réforme des rythmes scolaires engagée dans l’enseignement primaire. François Portzer invite Vincent Peillon au congrès du Snalc d’octobre 2013 : « Il sera le premier ministre en exercice à venir à notre congrès. Il s’agit d’un symbole et d’un signal fort. Vincent Peillon est attaché à la transmission des savoirs. Indéniablement, il partage certaines de nos valeurs ». Vincent Peillon ne viendra finalement pas à ce congrès, mais le film de soutien qu’il a envoyé au Snalc tournera en boucle pendant plusieurs mois sur le site du syndicat.

En avril 2014, « Le SNALC-FGAF salue l’arrivée de Benoît Hamon au ministère de l’Éducation nationale et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche » et se déclare « prêt à poursuivre sa contribution active à la Refondation de l’école ». En août 2014, tout en reconnaissant la « bonne volonté » de Madame Najat Vallaud-Belkacem, il craint que la nomination de cette dernière à la tête du ministère de l’Education nationale ne « contribue à l’immobilisme » dans la mise en œuvre des réformes engagées.

Le 27 avril 2015, lors du Congrès de Porto-Vecchio, François Portzer est réélu pour quatre ans Président national assisté comme Vice-Présidents de Jean-Rémi Girard, Albert-Jean Mougin et Marie-Hélène Piquemal. Ce Congrès est également l’occasion de présenter le nouveau logo et la nouvelle devise du syndicat « Liberté, égalité, fraternité et enseignement. Depuis 1905 » mettant ainsi l’accent sur les valeurs laïques et républicaines défendues par le syndicat depuis sa création, mais aussi d’appeler à une mobilisation massive contre la réforme du collège présentée par Mme Vallaud-Belkacem.

Les présidents du SNALC