Mot du Président National

Alors qu’une nouvelle année s’annonce, que l’on espère plus paisible que la précédente, les médias ne manquent pas de faire le bilan de l’année écoulée : surprise, l’opposition massive des professeurs à la réforme du collège est passée à la trappe… Fruit du hasard ou d’une actualité trop riche ? Pas tout à fait : c’est le résultat d’une campagne savamment orchestrée par le Ministère et obligeamment relayée par des syndicats très minoritaires chez les professeurs du secondaire, qui vise à faire croire à l’opinion publique que la réforme du collège est entérinée, qu’elle passera coûte que coûte et que les enseignants l’approuvent !

Il est donc temps, le 26 janvier prochain, pour contrer ce tissu de mensonges, d’affirmer partout, dans le cadre de l’intersyndicale, par la grève et la manifestation, notre ferme opposition à cette réforme néfaste ! Certes, d’aucuns peuvent considérer qu’ils ne seront pas concernés, pour découvrir d’ici quelques semaines que leur poste est supprimé et qu’au mieux ils seront contraints à faire un complément de service dieu sait où… D’autres s’imaginent que la réforme n’impactera pas leur travail au quotidien : c’est oublier qu’ils verront immanquablement leurs heures de cours fondre au profit de dispositifs fumeux ! Rappelons enfin que cette réforme est mauvaise dans son ensemble, pour les personnels comme pour les élèves : elle compliquera la vie des premiers (chefs d’établissement, TZR, stagiaires, contractuels… personne ne sera épargné) et dégradera la qualité de l’enseignement offert aux seconds.

Les collègues du primaire comme des lycées seront également impactés par cette réforme : les professeurs des écoles, qui doivent déjà subir une inopérante et inutile réforme des rythmes scolaires, parce qu’ils sont désormais en liaison directe avec ce qui se passe en sixième, les professeurs de lycée parce qu’il serait bien naïf de croire que des dispositifs disparus du collège, tels les classes européennes, seront maintenus en lycée.

Bien sûr, le SNALC sait que la grève n’est pas la seule riposte possible : il l’a prouvé en diffusant massivement des propositions concrètes pour abroger la réforme via la répartition de la dotation horaire. Mais c’est malheureusement le seul indicateur auquel les médias et l’opinion publique sont sensibles : à leurs yeux, faute d’une mobilisation massive le 26, la réforme sera considérée comme validée par la profession… Alors le 26, nous comptons sur vous tout en vous souhaitant une excellente année 2016.

François Portzer, 15 janvier 2016
Président National du SNALC