LE SNALC-FGAF DIT NON À LA SEMAINE DE 4 JOURS ET DEMI SANS COMPENSATION FINANCIÈRE

À l’occasion du Conseil Supérieur de l’Éducation (CSE) consacré au projet de décret sur les rythmes
scolaires dans le premier degré, le SNALC-FGAF s’est positionné contre la semaine de quatre jours et demi
incluant une journée de travail le mercredi.
Le SNALC-FGAF a été sensible aux très nombreuses remontées issues du terrain, qui lui ont permis
d’aboutir à plusieurs constats.
Tout d’abord, la compensation financière qui avait été promise à un moment aux professeurs des
écoles, afin de pallier entre autres les dépenses qu’une telle réforme va entraîner pour ces derniers (frais de
carburant, garde d’enfants, par exemple) n’est plus à l’ordre du jour. Le SNALC-FGAF ne peut l’accepter et
rappelle qu’il demande une généralisation de l’ISOE à l’ensemble des enseignants de l’école maternelle et
élémentaire. Cette demande semble d’autant plus légitime qu’un fonds de 250 millions d’euros minimum a
miraculeusement pu être débloqué pour les mairies volontaires pour se lancer dès 2013. Quand a-t-on prévu
de débloquer de l’argent pour tous les professeurs, dont le pouvoir d’achat ne cesse de baisser et les
conditions de travail de se dégrader ?
Cette réforme n’allège en rien la semaine des élèves. Le texte laisse suffisamment de marge pour
que ces derniers restent à l’école aussi tard qu’avant mais sans leur permettre d’avoir une coupure le
mercredi. Le SNALC-FGAF tient à rappeler que les activités périscolaires sont tout aussi fatigantes, sinon
davantage, que les activités scolaires et que, dans certaines écoles, elles se résumeront hélas bien souvent à
un regroupement sous le préau, faute de mieux. La durée de la pause méridienne n’est de surcroît pas
plafonnée, laissant la porte ouverte à des propositions nocives de la part des communes (une grande ville
ayant déjà envisagé de demander une interminable pause méridienne de 2h30). Pour toutes ces raisons,
l’objectif affiché de mieux respecter les rythmes de l’enfant — si tant est qu’une telle chose puisse être
définie scientifiquement — ne semble pas atteint.
Cette réforme laisse entrer davantage que par le passé les collectivités locales dans l’école. Ces
dernières peuvent en effet désormais faire des propositions d’organisation du temps scolaire sans même
consulter les conseils d’école. De plus, les dérogations ne pourront être acceptées que si elles sont justifiées
« par les particularités du projet éducatif territorial ». Le SNALC-FGAF rappelle que le nom de notre
ministère est le ministère de l’Éducation NATIONALE, et non de l’éducation communale ou de l’éducation
territoriale. Pour lui, le seul organe de proposition légitime est le conseil d’école.
Enfin, cette réforme ne fait qu’habiller différemment l’existant. Les élèves de l’école primaire ont
subi depuis le début des années 70 une baisse des horaires d’enseignement (27 heures, puis 26 heures en
1990, puis 24 heures en 2008) et, corollairement, une augmentation du nombre d’activités et de disciplines.
L’enseignement du français et des mathématiques à l’école primaire fait les frais de chaque réforme et
plus personne n’ose nier aujourd’hui que nos élèves sont pour beaucoup en difficulté en ce qui concerne la
maîtrise des fondamentaux. Il faut mettre un frein à cette tendance lourde et restaurer pour tous les heures
d’enseignement. Un professeur est plus utile devant ses élèves qu’en réunion. Un professeur des écoles est
plus utile quand il enseigne le français et les mathématiques, pour lesquels il est supposé avoir été bien
formé, que l’anglais, discipline dans laquelle il ne fait souvent que ce qu’il peut. Si nous voulons enrayer le
processus qui nous fait glisser chaque fois un peu plus bas dans les enquêtes internationales comme dans les
rapports de nos propres instances d’évaluation, c’est uniquement de cette façon que nous y parviendrons et
non en avalisant les baisses d’horaires antérieures.