La refondation de l’Ecole vue par Benoît Apparu Il serait temps d’en finir avec les vieilles rengaines

Le SNALC-FGAF a pris connaissance avec étonnement des propos du député de la Marne, Monsieur
Benoît Apparu, qui s’étonne qu’au bout de six mois il ne ressorte rien de la Loi sur la Refondation de l’Ecole
ou presque. Et qui propose tout particulièrement de revoir les ORS des personnels du second degré,
portant à 18 H le service hebdomadaire des professeurs agrégés et à 21 H celui des professeurs certifiés et
assimilés. Quid des professeurs d’EPS ?
Le SNALC-FGAF tient à rappeler que la Refondation de l’Ecole de la République, initiée par le
ministre de l’Education nationale Vincent Peillon, est un processus qui s’inscrit sur le long terme, il est
prévu sur 5 ans, soit la durée de la mandature : on ne refonde pas une Institution qui gère près d’un million
de personnels et s’occupe de quelque 15 millions d’élèves en six mois. Les premières grandes lignes de la
Refondation ont été soumises aux organisations syndicales et seront portées devant le Parlement à partir
du 11 mars : comment dès lors serait-il possible que des décisions importantes soient déjà prises ?
Le SNALC-FGAF rappelle que les grands chantiers de la Refondation ont été ouverts par la DGESCO :
les groupes de travail se déroulent régulièrement pour se pencher sur l’Education prioritaire, le
décrochage scolaire, le collège. Le chantier du lycée n’est pas encore à l’ordre du jour mais est
régulièrement évoqué pendant les discussions.
Quant à revoir les missions des personnels, accroître leur charge de travail déjà évaluée par
l’inspection générale à 40 H hebdomadaires, avec la promesse d’une revalorisation salariale dont on sait
qu’elle est difficilement envisageable, donner aux chefs d’établissements l’autonomie de recruter leurs
personnels, décider de leur DGH et de leurs horaires disciplinaires, tout en choisissant la taille de leurs
classes, c’est ignorer les impératifs de gestion administrative et financière de l’Institution, en rupture totale
avec le nécessaire cadrage national qu’exige une administration régalienne comme l’Education nationale,
afin d’éviter la rupture d’égalité entre les territoires de la République. Nous tenons à souligner qu’à aucun
moment, lors des débats qui se sont déroulés cet été sur la Refondation, l’augmentation de la charge de
travail des personnels n’a été évoquée : au contraire, tous les participants conscients de nos missions
s’accordaient à dire que les professeurs travaillaient beaucoup et n’avaient jamais bénéficié des mesures
accordées aux autres catégories de salariés.
Le SNALC-FGAF tient à rappeler que, s’il a émis un vote favorable au projet de loi, il s’insurgera
vigoureusement contre toute tentative d’augmentation de la charge de travail des personnels – qui ne
figure nulle part dans ledit projet – que ce soit par le biais de modification des horaires statutaires ou de la
durée des congés. Les professeurs des premier et second degrés, dont les conditions de travail et la
rémunération se sont considérablement dégradées, épuisés par un métier de plus en plus difficile qui
n’attire pas même en période de crise malgré ses soi-disant privilèges exorbitants, en ont assez de se voir
régulièrement livrés en pâture à l’opinion : quelle autre profession est ainsi quasi quotidiennement soumise
à la vindicte publique et entend des propositions aberrantes de la part de pseudo-experts, qui révèlent par
leurs propos leur profonde méconnaissance d’une profession sinistrée et de la réalité du métier ?
Paris le 8 mars 2013
Contact : Michèle HOUEL – Vice-Président du SNALC-FGAF