CSE DU 20 MARS : DÉCLARATION DU SNALC

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Conseil Supérieur de l’Éducation

 

Déclaration du SNALC – 20 mars 2014

 

 

Monsieur le Ministre,

 

Alors que nous travaillons activement sur de nombreux chantiers (les métiers, le collège, les programmes scolaires, pour n’en citer que quelques-uns), le SNALC-FGAF tient à rappeler que ce travail, pour porter ses fruits, demande à être effectué dans un contexte apaisé, et même protégé. Nous estimons extrêmement dommageable pour nos professions les perpétuelles querelles activées et réactivées par les uns et par les autres, qui relancent des polémiques surannées et ressassent les mêmes éternelles vieilles lunes.

Alors que nous nous inscrivons dans une refonte des métiers qui préserve l’ensemble de nos statuts, et qui met en œuvre des évolutions dont certaines étaient indispensables alors que d’autres auraient mérité un meilleur ajustement afin que tous les collègues puissent réellement en bénéficier, était-il vraiment nécessaire de relancer la polémique sur la fusion des corps comme moyen indépassable d’amélioration du système scolaire ? Nous sommes en train de créer un mythe médiatique : celui du prétendu gouffre qui existerait entre le CM2 et la 6e, source de tous les maux, de tous les échecs, de toutes les catastrophes.

Un peu de sérieux. Qu’il faille une continuité entre le primaire et le collège, qui le nie ? Cette continuité, elle passera avant tout par des programmes scolaires repensés de manière plus globale, démarche dans laquelle nous nous inscrivons. Mais tous les indicateurs montrent (et nous citerons les principaux : évaluation en CM2 des compétences 1 et 3 du socle faites par la DEPP, ou encore enquête PIRLS sur les compétences en lecture des élèves de CM1) que de nombreux problèmes se situent bien avant le grand fossé « CM2/6e ». C’est d’ailleurs pour cette raison que le SNALC-FGAF a soutenu la priorité donnée au primaire, car une grande partie du destin des élèves s’y joue, et que les compétences fondamentales, si elles n’y sont pas acquises, manqueront forcement par la suite.

Alors attelons-nous aux chantiers actuels et futurs : affirmons enfin, par exemple, que l’apprentissage de la lecture et de l’écriture est l’apprentissage le plus important de l’Institution scolaire, qu’il doit donc relever d’une priorité absolue durant la formation initiale, mais aussi dans la formation continue des enseignants, qu’il doit bénéficier d’un horaire important pour permettre à tous les élèves de savoir lire (décodage et compréhension) et écrire (geste, transcription et retranscription) en fin de CP. Créons des parcours diversifiés dans le collège unique afin de répondre à la diversité de nos élèves. Accélérons la phase de bilan de la réforme des lycées, afin de pouvoir le plus rapidement possible revenir sur les terrifiantes dérives qu’elle a entraînées, et ce dans les trois voies de formation. Cela sera autrement plus efficace que de chercher à recréer le corps des PEGC (personnels au demeurant fort respectables), idée dont on peut difficilement dire qu’elle soit innovante. Et puisqu’il ressort, sous les oripeaux de la modernité, de vieux habits de grand-mère, nous proposons au think tank Terra Nova de se renommer Mamie Nova. Là, au moins, le nom sera en adéquation avec les idées.

Je vous remercie.

 

Contact : Jean-Rémi GIRARD, Secrétaire national à la Pédagogie, girardsnalc@yahoo.fr

 

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