Concours réservés : un bilan inacceptable

Sur les 2960 postes ouverts aux concours réservés et examens professionnalisés de la session 2015, 1616 postes non pas été pourvus, soit 54,6 % des postes offerts. Pour rappel, en 2014 déjà, sur les 2960 postes proposés, seuls 1862 ont été pourvus.

Le bilan des concours réservés pose véritablement problème et l’annonce, non confirmée à ce jour, du prolongement de deux années du dispositif de titularisation ne le réglera pas.
Le plan Sauvadet devait être un plan de titularisation permettant de résorber la précarité dans la Fonction Publique. Force est de constater que la sélection à ces concours réservés est nettement plus élevée que celle des concours externes et internes de recrutement.
En 2015, 55 % des emplois mis aux concours réservés sont non pourvus pour 13% aux concours externes et 11% aux concours internes de l’enseignement et de l’éducation. Sur les 7365 contractuels éligibles aux concours réservés 2015, 5365 se sont inscrits aux concours et seuls 1344 candidats ont été admis, soit une proportion de 1 sur 4.
Que ce soit pour les postes en lycées et collèges ou en lycée professionnel, la sélection fut sévère.
Par exemple, pour les matières d’enseignement général, 46 admis pour 185 postes en anglais, 12 admis pour 40 postes en éducation musicale, 79 admis pour 195 poste en mathématiques…
Pour l’enseignement professionnel, 28 admis pour 78 emplois en arts appliqués, 48 admis pour 125 emplois en biotechnologie, 13 admis pour 33 emplois en structures métalliques,
Pour les Co-Psy, 5 admis pour 55 postes ….

L’Administration justifie les échecs aux concours réservés par le manque de préparation et d’implication des candidats, allant jusqu’à souligner « l’attitude désinvolte de trop nombreux candidats qui pensent que la titularisation leur est due ». Ce n’est ni sérieux, ni digne de l’Education Nationale.

Ces contractuels, que l’Administration refuse de titulariser et dont la valeur professionnelle est reconnue (sinon ils n’auraient pas été maintenus), continueront d’exercer leurs fonctions, comme précédemment, dans des conditions souvent difficiles. Autrement dit, l’Education Nationale ne souhaite pas les titulariser, mais ne rechigne pas à les utiliser dans des conditions précaires.

Pour le SNALC, il est urgent, pour la (ou les) dernière(s) session(s), de faire respecter l’esprit de la loi Sauvadet en rappelant aux jurys que le concours réservé est une validation des acquis de l’expérience et non un concours disciplinaire « académique » et demande à ce que les candidats puissent bénéficier, dans toutes les académies, d’une formation au concours leur permettant de réussir pleinement les épreuves (dossier RAEP et soutenance orale).

Philippe FREY
Vice-président académique
Chargé des contractuels
contact : contractuels@snalc.fr