COMMUNIQUE : La Bretagne, encore et toujours ?

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Communiqué de presse du SNALC-FGAF du 27 novembre 2013 : 
 
 
 
La Bretagne, encore et toujours ?
L’Association pour le Développement de l’Enseignement de l’Allemand en France fait état de nombreuses protestations de professeurs de cette discipline qui découvrent dans Ouest France que le recteur Quéré veut unilatéralement supprimer les classes bilangues, généraliser la LV2 en classes de cinquième et « réfléchir » aux sections européennes. Concrètement, la LV2 s’enseignerait 3 h par semaine en cinquième mais 2 h seulement en 4ème et 3ème. Ce projet réducteur pour les langues vivantes se heurte à l’hostilité de l’ARELA de Bretagne qui discerne évidemment une attaque contre le choix du latin en classe de cinquième désormais surchargée, car il faut aussi tenir compte de l’heure de physique et des heures non disciplinaires.
Le SNALC-FGAF exprime sa consternation face à de telles méthodes de décision dont on comprend bien qu’elles cherchent à produire rapidement « des économies ». Dans cette situation, la plupart des parents choisiront la voie de moindre difficulté pour leurs enfants ; ceci aura pour effet d’accentuer encore la disparition de l’allemand et du latin. La regrettable Loi Haby de 1975, contre l’adoption de laquelle seul le SNALC avait fait grève, intensifie encore son effet de rouleau standardiseur : classes à pleins effectifs d’anglais LV1 puis d’espagnol LV2. Ainsi, s’effacent progressivement les autres choix théoriquement possibles. Lorsqu’ils auront presque totalement disparu, il ne restera plus qu’à proposer de commencer la langue 2 et/ou le latin en classe de seconde. Facultativement. Et le grec ancien après la retraite.
Le SNALC-FGAF met en garde : chaque nouvelle rentrée rime avec diminution des heures de cours, soit dans le premier degré, soit en collège, soit en lycée. Il faut à ce sujet rappeler qu’une délégation de professeurs de langues étrangères du SNALC-FGAF a été reçue à la DEGESCO à la fin de l’année scolaire précédente pour faire état de toutes les difficultés rencontrées lors des nouvelles modalités d’examen en langues étrangères au baccalauréat – et pour demander le retour à 3 heures de cours par semaine pour chaque langue. La délégation a argumenté notamment sur la base des résultats désespérants des élèves français dans l’apprentissage des langues (cf. DNA du 21.11.2013). Rien n’y fait. Faut-il comprendre que le ministère tout comme le recteur Quéré travaillent en sous-main pour les officines privées se vantant de faire apprendre « les langues » (l’anglais) en un rien de temps mais en payant ? Quant aux langues classiques… quant à la culture… elles sont réservées sinon à ceux qui sont bien nés, du moins à ceux qui habitent dans le bon secteur ; tant pis pour la plupart des autres dans le désert scolaire unifié.
Le SNALC-FGAF milite depuis 1905 pour que l’Instruction publique devenue Education nationale offre les meilleures possibilités de promotion à tous les élèves – et ne cessera pas, d’où son appel à tous les professeurs de langues classiques et modernes : n’hésitez pas à protester, à vous déclarer dans les CA, auprès de la presse, des parents, partout où vous le pourrez, en faveur d’un enseignement de qualité pour tous !