CONDITIONS DE RECRUTEMENT DES AESH : DU NOUVEAU

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CONDITIONS DE RECRUTEMENT DES AESH : DU NOUVEAU

Le décret n° 2018-666 du 27 juillet 2018 modifiant le décret n° 2014-724 du 27 juin 2014 relatif aux conditions de recrutement et d’emploi des accompagnants des élèves en situation de handicap est paru au journal officiel le 29 juillet dernier

Jusqu’à ce décret, seuls les titulaires d’un diplôme professionnel dans le domaine de l’aide à la personne ou les candidats justifiant d’une expérience professionnelle de deux années dans le domaine de l’aide à l’inclusion scolaire des élèves en situation de handicap (ESH), accomplie notamment dans le cadre d’un contrat CUI-CAE, pouvaient être recrutés.

Avec ce décret, le Ministère a élargi le recrutement aux AVS sous contrat CUI-CAE (ou contrat PEC depuis janvier 2018) ayant une expérience de neuf mois dans le domaine de l’inclusion scolaire des ESH, mais également aux candidats justifiant d’un titre ou diplôme classé au moins au niveau IV, ou d’une qualification reconnue au moins équivalente à l’un de ces titres ou diplômes. En l’occurrence, à la rentrée prochaine, un titulaire du baccalauréat pourra être recruté en tant qu’AESH.

Cet élargissement du vivier de recrutement a été rendu nécessaire d’une part, par l’explosion du nombre de prescriptions d’accompagnement pour les élèves en situation d’handicap par les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) et d’autre part, par les exigences accrues des parents pour une école plus inclusive.

En effet, pour les élèves scolarisés dans les établissements ordinaires, le nombre de prescriptions d’accompagnement a nettement augmenté depuis 2012 (+ 64,1 % en 4 ans soit un rythme annuel moyen supérieur à 13 %). L’Éducation nationale est parvenue à maintenir le taux de couverture des prescriptions à un niveau très élevé : en 2016, il s’élevait à 92,6 % (93,4 % pour les prescriptions d’aide individuelle et 91,5 % pour celles d’aide mutualisée). Au total, en 2016, plus de 135 000 élèves bénéficiaient d’un accompagnement et environ 10 000 enfants étaient en attente. Actuellement, on estime à 300.000 le nombre d’élèves en situation de handicap, alors que fin 2017, on dénombrait seulement un peu plus de 42 000 AESH et 43 000 contrats aidés (soit respectivement presque 26800 ETP et environ 25 000 ETP) affectés à l’accompagnement d’élèves en situation de handicap.

Le SNALC s’est prononcé favorablement à l’élargissement du vivier de recrutement des AESH, qui doit impérativement s’accompagner d’une exigence de qualité. Dès lors, le SNALC se félicite que le gouvernement ait pris en considération ses préconisations pour le rétablissement d’un titre ou diplôme classé au moins au niveau IV ou équivalent pour les postulants et maintient que tout diplôme d’aide à la personne doit être aussi de même niveau (IV).

Toutefois, le SNALC attire l’attention sur la nécessaire formation des candidats, sans expérience dans le domaine de l’aide à la personne, recrutés à la rentrée prochaine. Par ailleurs, la réduction de la durée d’expérience à neuf mois s’étend aussi aux accompagnants de personnes en situation de handicap. Or, ces accompagnants n’ont forcément pas l’expérience requise auprès d’ESH.

La formation d’adaptation à l’emploi, de qualité souvent très inégale suivant les académies, sera sans doute insuffisante pour former ces nouveaux personnels. Le SNALC souhaite donc des directives précises du Ministère, à destination des académies, pour mettre en place une formation d’adaptation à l’emploi de qualité, avec un volume horaire adéquat, dès septembre 2018.

Enfin, le SNALC regrette que le Ministère n’ait pas profité de cet élargissement du vivier pour rendre le métier plus attractif, notamment en offrant aux AESH, un statut plus protecteur, une augmentation sensible de leur rémunération et in fine, une véritable professionnalisation de leur métier, limitant ainsi le turn over de cette catégorie d’agents. En effet, on est en droit d’attendre de notre société qu’elle octroie aux AESH les mêmes valeurs d’humanité, en commençant par la considération, que celles qu’ils déploient assidument et abondamment aux ESH qu’ils accompagnent.

Le SNALC continuera donc à se battre pour la professionnalisation et la reconnaissance des AESH.

Philippe FREY, vice-président du SNALC contractuels@snalc.fr

Sale été pour l’Éducation nationale

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SALE ÉTÉ POUR L’ÉDUCATION NATIONALE

Le SNALC-FGAF a pris connaissance de l’annonce des fusions d’académies pour 2020. À cette date, il n’y aurait plus qu’une seule académie par région. Le SNALC rappelle que l’intérêt de cette mesure n’a toujours pas été explicité (sinon par des billevesées type « modernisation »), et que l’existence de plusieurs académies dans certaines régions (qui ne date pas d’hier) permet justement d’avoir une gestion des ressources humaines légèrement plus proche des agents (et des zones de remplacement à peu près tolérables).

Le SNALC a dans le même temps pris connaissance du rapport du Comité Action Publique 2022 (« Service public — se réinventer pour mieux servir »), qui annonce dès les premières pages que l’objectif n’est pas tant de mieux servir que de faire « des économies substantielles ». En ce qui concerne l’éducation, le comité a grosso modo fait un copier-coller des rapports de la Cour des comptes (certains membres du comité ayant opportunément la double casquette) : autonomie, augmentation du service d’enseignement, formations le samedi (quel autre jour ?), etc. Un petit coup de numérique là-dessus et on sera dans le top 10 de PISA, promis-juré ! Que l’ensemble des mesures rendent nos métiers encore moins attractifs — à l’heure où les concours ne font pas le plein — ne semble poser de problème à personne.

Le SNALC invite donc tant les cadres du ministère que les modernisateurs du système à se couvrir et à boire beaucoup d’eau : visiblement, le soleil a tapé un peu trop fort.